Gaston Criel « Écrire, c’est encore être libre »

Lecture Musicale

Avec : Claudine Vigreux et Joëlle Wallerand.
Musicien : Jean-Louis Morais

 

Gaston Criel poète et prisonnier de guerre
Gaston Criel, Gaston 
! Un vague souvenir, une tombe, une résidence à son nom près de la maison familiale à Seclin… Pourtant Gaston a eu son heure, il a croisé de grands artistes, ils ont apprécié son œuvre et à Paris, en Italie, à Tunis… il n’était pas un inconnu.

Présenter ce Gaston pendant le dernier conflit mondial .

Né à Seclin le 30 septembre 1913, le sergent Criel est, comme tant d’autres, mobilisé dès 1939, il a déjà publié Amours et Etincelles, puis en1938 Gris apprécié par Paul Eluard.

Criel veut être poète.

Soldat au 205éme CIF, puis vite prisonnier, il est déporté au Stalag XI A.

Il continue bien sûr à écrire des poèmes :

« Je n’ai plus en mes mains
que la chaîne sans fin
du captif engrossé de désirs
qui se meurent d’amour. » Désirs perdus

« Quand verrons-nous une fleur sans penser
un clocher sans tristesse
un homme sans prisonnier. » Nouvelle année

Il rédige aussi avec ses camarades captifs les Cahiers du Stalag XI A précieusement conservés à la Bibliothèque Nationale dans la section des livres rares et précieux, ainsi qu’un ouvrage classé dans l’Enfer ! Hygiène, publié en 1948 et édité sur papier toilette. Un original et un précurseur ce Gaston !

Prisonnier, seul loin des siens, privé de ses projets, Gaston tente de se consoler par l’écriture de lettres, nombreuses, à Max Jacob, à Jean Bouhier et à Jean Paulhan écrivain et directeur de la NRF.

Les lettres de Criel ont été conservées par Paulhan, elles montrent comment la poésie, l’écriture permettent à Gaston de survivre.

Plus tard, en 1987, dans L’os quotidien Criel transposera son expérience de prisonnier en un récit « héroïco-comique ! » Dérision de la guerre !

C’est un montage de poèmes, de lettres et de ce roman plus tardif que vous découvrirez sans oublier le JAZZ, car c’est en captivité que Criel rédige Swing qui sera préfacé par Jean Cocteau. 

« Où es-tu pays des poètes
Pays d’amour, de liberté. »

« Cinq ans de silence noir à l’horizon de neige
Cinq ans à la fenêtre à regarder passer la vie
C’est long tout de même… »